Bataille combat coup de main

La journée du 21 juin 1940 : neutralisation du Chaberton

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En 1940, la batterie du Chaberton représentait une menace pour Briançon et la France. Sa garnison comptait environ 340 hommes, sous le commandement du capitaine Spartaco Bevilacqua.
Pour y faire face, l’armée française fit venir quatre mortiers de 280 modèle 1914 Schneider, répartis en deux batteries camouflées de deux pièces, une à l’Eyrette et une autre au lieu-dit Poët-Morand, deux emplacements situés hors de la vue du fort italien. Ces deux sections constituaient la 6e Batterie du 154e RAP (154e régiment d’artillerie de position), intégré au XIVe Corps d’armée (général Beynet). Les principales difficultés auxquelles se heurtèrent les artilleurs français venaient de ce que l’objectif, distant de 10 km, était situé à une altitude supérieure de 1 000 m à celle de leurs batteries, que les projectiles décriraient une parabole culminant à une altitude de 5 000 m et atteindraient leur cible plus d’une minute après le départ du coup. Il n’existait pas alors de tables de tir indirect pour des conditions de combat aussi extrêmes et inédites : le général Georges Marchand, qui commandait l’artillerie du XIVe Corps d’armée, fit appel à une équipe d’ingénieurs pour calculer en toute hâte les tables de tir des différentes pièces de l’artillerie de montagne afin de les diffuser auprès des artilleurs de Briançon.

Le 17 juin 1940, les observateurs du Janus entendent les premiers coups tirés du Chaberton en direction du fort de l’Olive.

Le 20 juin 1940, le fort du Chaberton reçut l’ordre d’ouvrir le feu contre les ouvrages français du Janus, de Gondran, de l’Infernet, des Trois-Têtes et de plusieurs batteries de campagne, mais ne causa que des dommages mineurs, par manque de précision. Les conditions météorologiques ne permettaient pas aux Français de régler leur tir pour répliquer, car le sommet du Chaberton restait voilé par les nuages. Le 21 juin 1940 à 10 h, le ciel s’éclaircit et le lieutenant Miguet, un ancien de Polytechnique qui commandait les deux batteries de 280 depuis un poste d’observation situé sur les pentes de l’Infernet, donna l’ordre d’ouvrir le feu. Il eut le temps de faire tirer trois coups qui s’approchèrent des tourelles du Chaberton, quand les nuages revinrent et lui masquèrent de nouveau sa cible.

Le ciel se dégagea vers 15 h 30 et le duel d’artillerie reprit. Miguet multipliait les coups qui encadraient les tourelles du Chaberton, observant les impacts, en liaison avec les observateurs de l’ouvrage du Janus qui lui signalent les coups longs dont les impacts lui étaient invisibles. Un des deux 280 de Poët-Morand, commandés par le sous-lieutenant Fouletier, mit un coup au but sur la tourelle 1 à 17 h 15. Dans la demi-heure qui suivit furent touchées les tourelles 3, 4 et 5. « Manifestement, le Chaberton n’a pas repéré cet adversaire qui l’inquiète, car il tire sur le Fort des Têtes » écrira dans son rapport le lieutenant Miguet. À 17 h 30 la tourelle 3 fut touchée, et se déclencha un incendie qui fut bien près de gagner le dépôt de munitions situé en contrebas. À 18 h 5 la tourelle 2 reçut un coup au but, puis la 6. Le feu cessa à 20 h.

Bilan

Ce jour-là,

 6 tourelles sur les 8 furent touchées, et les Italiens eurent à déplorer 9 tués et une cinquantaine de blessés.
 57 obus tirés

Le Chaberton n’était pas totalement hors de combat, les tourelles 7 et 8 continuèrent à tirer les trois jours suivants sans être atteintes par l’artillerie française jusqu’au cessez-le-feu et à l’armistice du 24 juin 1940.
Le 23 juin elles soutiennent l’offensive sur l’avant poste du Chenaillet qui tombe aux mains des Italiens. Au total, 101 projectiles avaient été envoyés sur le fort qui avaient fait feu 1300 fois.

Le fort, inutilisable, fut abandonné le 8 septembre 1943, même s’il fut brièvement réoccupé un an plus tard, à l’automne 1944, par des parachutistes de la République sociale italienne surveillant l’avance alliée par la vallée de la Durance.

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