Régiment blindé de fusiliers-marins

Le régiment blindé de fusiliers-marins (ou RBFM) est une ancienne unité de la 2e division blindée française. Il appartient aux unités de fusiliers marins qui sont des unités de marine militaire française

Le RBFM fut composé à partir de marins français, dont les navires avaient été immobilisés ou détruits, et équipé de matériel américain.

Intégration dans la 2e DB

Sous le commandement du capitaine de frégate Maggiar, assisté du capitaine de corvette Martinet, se constitue une unité regroupant 300 véhicules à roues ou à chenilles dont 36 M10 Wolverine, 25 scout-cars M3A1, 6 Half-Track M2, 3 Half-Track M3 et quelques motos.

Quatre escadrons de combat, sous les ordres des lieutenants de vaisseau Pauly, Guillon, Bonnet et Richard sont équipés d’automitrailleuses, de half-tracks et de chasseurs de chars, accompagnés de jeeps de protection.

Les chasseurs de chars portent des noms qui rappellent les bâtiments de la marine nationale dont certains sont célèbres comme le cuirassé Dunkerque ou le torpilleur Siroco.

Le 29 avril 1944, la division embarque vers l’Angleterre depuis Mers el-Kébir. Le débarquement en Angleterre se fait aux ports de Greenock et Liverpool le 31 mai 1944, pour une installation autour du village de Sledmere dans le Yorkshire. Les effectifs sont complétés et les Scout-cars M3A1 sont remplacés par des M20. Le fils du Général de Gaulle, Philippe, intègre le régiment avec le grade d’enseigne de vaisseau.

Les chasseurs de chars sont équipés, en complément, de lunettes de visée « marine » françaises. Elles permettront au canon US de 76,2 de faire mouche sur un Panther à 3 000 m de distance.

Libération de Paris

Le RBFM va prendre une part active à la libération de Paris par la 2e DB. Trois axes de pénétration seront choisis.

Toussus-le-Noble, Jouy-en-Josas et Viroflay pour entrer par le pont de Sèvres, ce dernier sera atteint le 24 juillet au soir, malgré une forte résistance. Le 4e Escadron fait partie de cette colonne.
Arpajon, Longjumeau, Antony, Sceaux, pour arriver par les portes d’Orléans, Gentilly et Italie et progresser en direction de l’hôtel de Ville pour terminer à l’hôtel Meurice. Le 3e escadron fait partie de cette colonne.
Trappes, Voisins-le-Bretonneux et Guyancourt. Les 1er et 2e Escadrons accompagnés du PC du régiment se déplacent avec la troisième colonne.

« Une forte résistance à l’angle de l’avenue de Madrid et du boulevard Maurice-Barrès : deux automitrailleuses du 1er escadron y ont été détruites. Vassal qui commande un peloton d’automitrailleuses accompagné de 2 TD du 3e peloton est chargé de s’occuper de la résistance allemande, située dans le jardin d’acclimatation. Le lieutenant de Vaisseau Vassal et le quartier-maître Le Bourdiec trouvent la mort pendant l’assaut. Il est fait ici 800 prisonniers dont une centaine d’officiers, ainsi qu’un millier d’armes individuelles, dix tonnes de munitions et une quarantaine de véhicules. C’est pendant cette action que le capitaine de frégate Maggiar est blessé à l’œil droit (a priori une balle qui aurait ricoché sur le blindage du TD "Jaguar" et un éclat de grenade dans le bras droit, il est évacué et sera opéré par des médecins de renom de l’académie de médecine de Paris. »

— Voir ref. ext. Le RBFM, op. cit.

Les escadrons se distingueront au jardin du Luxembourg, au pont de Sèvres, à la Concorde (un Panther à 1 800 m)... Les Allemands ont attaqué de nuit au pont de Sèvres :

« [...] Au pont de Sèvres, nous avons été attaqués vers 4 h moins le 1/4. WARTER était de faction de 2 à 4. Il a été averti par des voix allemandes qui disaient "Stautzer" mais ne se sont pas arrêtées. Il a tiré dans les plus près de lui et sa carabine s’est enrayée. Il nous a appelé mais déjà Hetuin était mortellement blessé et son chef. Les Allemands ont essayé d’amener 3 canons dont 1 anti-char et 2 de 40 mm D.C.A.

Ils étaient environ à 20 mètres du char mais ont été dispersés par notre tir de mitrailleuse de 50, carabines et grenades.

Les Allemands ont eu 18 tués dans la nuit et une trentaine de pris dès le lever du jour.

Chez nous, CREPELLIERE, KERLAU et l’autre chef qui était avec eux (DREANNO).

HETUIN est mort chez des civils vers 4 h 1/2 ou 5 h.1/4 chez qui nous l’avions emmené ............... »

— récit de Paul Watel, conducteur du char Mistral

.

Les Allemands laisseront 40 morts sur le terrain, les marins perdront trois des leurs.

Le 25 août, des éléments du RBFM quittent le pont de Sèvres et, en passant par l’avenue Victor Hugo, abordent l’Arc de triomphe. Des véhicules légers allemands sont alors détruits. Quatre TD et une Jeep descendent alors les Champs Élysées. Les TD "Siroco" et "cyclone" par la gauche, le "Simoun" et le "Mistral" par la droite. Soudain, trois obus sont tirés en direction du "Simoun" sans toutefois l’atteindre. Après quelques secondes, l’équipage de ce dernier identifie l’ennemi : un panzer V Panther, situé place de la Concorde. Le Simoun positionné à hauteur de l’avenue George V (soit 1 800 m) ouvre le feu à son tour et se replie rapidement. Les deux obus tirés touchent le Panther à la tourelle sans le détruire10. Dans le même temps, un char Sherman du 12e régiment de chasseurs d’Afrique, posté plus bas sur les Champs-Élysées (à hauteur du restaurant Ledoyen), réussit à atteindre le char allemand au niveau du compartiment moteur, côté gauche, et à l’immobiliser. Ce Panther sera finalement détruit par le "Douaumont", un Sherman du 501e régiment de chars de combat, venant de la rue de Rivoli, dans le dos du Panther. Ayant tiré l’obus explosif présent dans le canon sans résultats, puis, dans la précipitation, un obus fumigène, le "Douaumont" ira percuter violemment le char allemand avant que celui-ci n’ait réussi à tourner sa tourelle (cet épisode a été restitué dans le film "Paris brûle-t-il ?". L’équipage du char Panther évacuera ce dernier et ira se réfugier dans le Jardin des Tuileries. Le char allemand abandonné sera finalement détruit à la grenade par le Sergent Marcel Bizien, chef de char du "Douaumont"11.

Puis les 1er et 2e escadron seront positionnés à l’Hippodrome de Longchamp, le 3e escadron se trouve au Bourget tandis que le 4e escadron s’enferme au fort de la Briche, à Saint-Denis.

La division et le RBFM quittent Paris le 8 septembre, direction l’Est. N’importe, les marins ont confiance en eux. Leur vitesse, la précision de leur tir, la sûreté de leur coup d’œil ont toujours triomphé de la puissance colossale des lourdes mécaniques teutonnes. Partout ils se sont imposés aux Allemands.[non neutre]

Depuis la Normandie, ils ont détruit plus de 60 chars ennemis ; eux, ils ont perdu le TD LION le 12 août 1944 dans Argentan.

Le quartier Saint-Jean de Marseille : destin tragique

MATHURIN HENRIO, plus jeune compagnon de la libération (à titre posthume). Tué à 14 ans

16 Avril 1929 - Baud (56150 MORBIHAN FRANCE) Décédé le 10 Février 1944 - Baud (56150 MORBIHAN FRANCE) Compagnon de (…)