Extrait p.22 Marseille au cœur - Marcel Olive

Imaginez une rue à peu près rectiligne après un début à angle droit, de largeur (ou plutôt d’étroitesse) variable et s’étirant sur quelques centaines de mètres. Elle plongeait et remontait au gré des accidents de terrain, s’allongeait ensuite pour venir buter contre le mur arrière de Saint-Laurent. Déviée en quelques marches embryonnaires, elle débouchait sur le parvis. Notre immeuble, situé au numéro 12, à peu de distance de l’église, était édifié dans une partie légèrement élargie, la rue à cet endroit devant mesurer trois ou quatre bons mètres d’un mur à l’autre, trottoirs compris. Au-dessus de l’entrée, trônait l’habituelle plaque émaillée informant tout passant des commodités modernes offertes par le propriétaire des lieux : « Eau, gaz, électricité à tous les étages ».
Sur la porte, au demeurant toujours ouverte, un heurtoir (nous disions un marteau) en forme de main tenant une boule avertissait des visites, à raison d’un coup par étage. Trois coups, c’était pour nous, puisque nous habitions au 3°. On répondait à la voix, quelle que fût la distance : « — Qui est-ce ? — C’est moi !... — Montez, c’est ouvert !... »

