Véhicules alliés

Churchill Infantry Tank Mk IV (A22)

AVRE

Le Raid de Dieppe

Vue arrière d’un char Churchill abandonné à Dieppe, avec le schnorchel bien visible.
Le raid de Dieppe du 19 août 1942 fut le premier engagement au combat du Churchill, dans les rangs du Calgary Regiment canadien. La mission des chars était d’appuyer l’infanterie sur la plage, puis d’attaquer l’aérodrome de Saint-Aubin et le château d’Arques-la-Bataille. Il était prévu que les chars atteignent le rivage en quatre vagues : la première de neuf chars, dont trois Churchill Oke disposant de lance-flammes, divisés en deux groupes, la deuxième de douze chars et la troisième de seize chars, tandis que la quatrième contiendrait le reste du régiment. Afin de pallier les problèmes inhérents à un débarquement, les Churchill furent rendus étanches et équipés d’une extension de l’échappement. Craignant également que les galets glissent sous les chenilles des chars et les empêchent d’avancer, les premiers véhicules furent dotés de tapis à dérouler devant eux, qui serviraient aux engins suivants.

Lorsque le débarquement commença, le régiment perdit presque immédiatement ses trois Oke : l’un coula, le second, touché au niveau du réservoir de combustible, explosa, et le troisième fut immobilisé par la perte d’une chenille. Trois autres chars ne parvinrent pas à aborder le rivage en raison de problèmes de chenilles ou à cause des galets, ce qui fait que seulement trois véhicules de la première vague parvinrent à passer la digue. La seconde vague connut un sort similaire et seuls quatre chars parvinrent à rejoindre les trois premiers. Lorsque la troisième vague arriva, l’écran de fumée qui couvrait les LCT s’était en grande partie dispersée et ils furent pris pour cible avant d’être arrivé à bonne distance, ce qui amena plusieurs chars à débarquer trop tôt. C’est dans ces conditions que le commandant du Calgary Regiment, le lieutenant-colonel Andrews, fut tué alors qu’il s’extrayait de son char immobilisé dans les hauts-fonds. Finalement, sept Churchill parvinrent à quitter la plage et à rejoindre les sept autres déjà débarqués. Toutefois ces quatorze chars ne parvinrent pas à entrer dans la ville : les issues étaient bloquées par des murs en béton et les équipes du génie chargées de les détruire, qui étaient à pieds, avaient été taillées en pièces sur la plage26.

La quatrième vague ne tenta pas de débarquer, car l’ordre de repli fut donné à 9h00. Les chars parvinrent à retourner sur la plage, mais les tentatives d’embarquement échouèrent et ni les véhicules, ni les équipages, à l’exception d’un seul homme, ne purent être récupérés26.

Bataille de Normandie

Les variantes spécialisées du Churchill, collectivement connues sous le nom de Hobart’s Funnies furent abondamment utilisées par la 79th armoured division lors du débarquement de Normandie, mais les Churchill standards n’arrivèrent qu’à la fin du mois de juin, avec la 31st Tank Brigade. Ils furent ensuite engagés dans les combats de la bataille de Normandie, où ils subirent de lourdes pertes : le 7th Royal Tank Regiment perdit par exemple trente-six officiers en six semaines de combats à la cote 112, dont son commandant et son commandant en second ; le 153th RAC Essex perdit quant à lui douze chars et quatre-vint-seize hommes, dont son commandant, lors de la prise de Gavrus et Bougy.

Variantes

Le Churchill AVRE (Assault Vehicle Royal Engineers) était un véhicule destiné à l’assaut de fortifications et équipé à cette fin d’un mortier à ergot de 290 mm tirant une bombe de quarante livresc. Le rechargement s’effectuant par la gueule, une trappe était aménagée au-dessus du siège du copilote. Le AVRE fut aussi occasionnellement équipé de divers moyens de franchissement d’obstacle : fascines pour franchir les fossés anti-chars, pontons pour escalader les digues ou encore bobines permettant de dérouler un tapis pour renforcer le sol39.