Villa de Longchamp (actuel château)
Sur le terrain situé juste au nord du terrain de courses de Longchamp, se trouvait une maison dite « maison Dantand » du nom de son propriétaire.
« Lorsque le moment vint de m’occuper du surplus de cette partie du bois, je pris les ordres de l’Empereur sur ce que je devais faire de l’habitation (Dantand) toute moderne et très bourgeoise qui remplaçait la demeure de tant d’augustes personnages (l’abbaye), Sa Majesté m’ordonna de la transformer en élégante villa, dégagée de tous côtés ; de reporter les communs à quelque distance, derrière un rideau de plantations ; de clore le vaste jardin anglais, pour ne pas dire le parc largement coupé de pelouses, dont il voulait voir entourer cette villa par des cours d’eau ne permettant pas plus d’en discerner les limites du dedans que du dehors et d’en tenir le tout à sa disposition le plus tôt possible. ».
Le baron Haussman destine initialement cette résidence au nouveau prince impérial, né en 1856, et qui bébé, est alors souvent promené dans le bois de Boulogne, sa mère l’impératrice Eugénie disposant comme résidence de villégiature du château de Bagatelle, situé juste un peu plus au nord et mis à sa disposition par Lord Hertford. Haussmann fait appel à son collaborateur, l’architecte Gabriel Davioud, pour qu’il construise cette nouvelle maison de plaisance et ses dépendances. Davioud livre alors un pavillon de deux étages plus combles, avec de chaque côté deux ailes basses en rez-de-chaussée avec terrasse. Une vieille tour, ancien colombier de l’abbaye qui se trouve dans le domaine, à proximité du château nouvellement construit est conservée bien qu’elle menace ruines. Elle est restaurée en 1857, lors de l’aménagement du parc, en lui donnant un faux aspect de tour de défense médiévale.
Alors que le baron Haussmann informe l’Empereur que la résidence est achevée, ce dernier la lui met alors à sa disposition lui disant :
« Il est bien juste que vous, à qui nous devons l’idée première et les moyens de réaliser l’annexion au bois de Boulogne de toute cette plaine de Longchamp, vous puissiez vous y reposer de la fatigue de vos travaux. »
Laissé à l’abandon début XXe, il tombe en ruine. Il sera restauré vers 1910 et devient alors la propriété et la résidence du parfumeur François Coty, dont l’usine se trouve à proximité, à Suresnes. Celui-ci décide dans l’entre-deux-guerres de le faire démolir afin de construire un nouveau bâtiment, l’actuel pavillon. L’édifice est encore en travaux lorsqu’il meurt en 1934 ; le nouvel édifice n’est finalement achevé qu’après la guerre, à la fin des années 1940.

