Hôtel de Ponthieu

NOTICE sua L’ANCIEN HOTEL DE PONTHIEU.
QUARTIER DU LOÜVRE, A PARIS, OÙ FUT TUÉ L’AMIRAL GASPARD DE COL1GNY, LE 24 AOUT 1572 [1]
Fiat lux. ( Gen. cap. i , v. 3. )
Les préjugés sont des opinions reçues sans examen : de là sont nées une foule d’erreurs historiques qu’on est parvenu à rendre respectables de vétusté, et à graver, pour ainsi dire, dans les esprits, d’un caractère indélébile. Cette réflexion, que nous avons trop souvent lieu de faire, nous a fourni l’occasion de revenir sur un point d’archéologie déjà traité dans cette Revue
[2]
par notre ami, M. Chéronnet. Mais son travail nous ayant paru incomplet, nous avons essayé d’examiner de nouveau une question demeurée indécise jusqu’à ce jour, et de déterminer par des déductions traditionnelles et historiques, ou tirées de pièces authentiques et des localités mêmes, le lieu où fut tué l’amiral Gaspard de Coligny, seigneur de Ghàtillon, le jour de la Saint-Barthélemy, 24 août 1572.
Non loin du palais du Louvre et de la vieille collégiale de Saint-Germain-l’Auxerrois , deux maisons situées dans ce même quartier se disputent la triste célébrité d’avoir été le théâtre du massacre de l’amiral. Plusieurs savants, dont nous partageons l’opinion, tels que Jaillot, Charles Nodier, MM. Prieur de Blainvilliers et Weis pensent avec fondement qu’elles ne faisaient alors qu’une seule propriété. L’une de ces maisons, située rue des Fossés-Saint-Germain-l’Auxerrois , n° 14, est connue depuis le XII" siècle, malgré les transformations
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que le temps rongeur et la main des hommes lui firent subir, sous le nom d’hôtel de Ponthieu ; parce que là fut le manoir seigneurial des comtes souverains de cette petite province de France. L’autre maison,
ancienne dépendance de celle-ci, située rue Béthizy, n° 20, est connue depuis 1617, sous le nom d’hôtel de Montbazon. Elles vont incessamment disparaître par suite des travaux du prolongement de la
rue de Rivoli, et l’agrandissement du périmètre des halles centrales.
La ruenommée aujourd’hui de Béthizy, se prolongeait anciennement jusqu’à la ruede l’Arbre-Sec. La partie comprise actuellement entre cette dernière rue et celle du Roule, et qui, onze ans après le percement de cette même rue , a pris le nom de rue des Fossés-Saint-Germain-l’Auxerrois, suivant le règlement du roi, de 1702,
se nomma du XIIo au XIVe siècle, rue au Comte de Ponthieu ; ce qui résulte du rôle des tailles de Philippe le Bel de l’an 1313, inséré au tome III des preuves de l’Histoire de Paris, par D. Félibien, page 618 ; et des anciens registres de l’évèché de Paris, cités par Jaillot. On la trouve aussi dans les mêmes registres et ceux de Saint-Germain-l’Auxerrois, sous le nom de Cave de Ponthieu , corruption de Cour de Ponthieu ; appellation qui révèle le faste princier qui distinguait alors la demeure de ces comtes souverains, dont les topographes se sont bornés à signaler l’antique existence dans cette rue.
L’autre partie de Jarue Béthisy, située entre la rue Tirechape et celle des Bourdonnais, se nommait, au XIIIe siècle, rue de la Charpenterie. Le nom de Béthisy lui vient de Jean de Béthisy , célèbre procureur au parlement de Paris, qui vivait en 1410, ou de Jacques de Béthisy, avocat en 1416, dont les ancêtres étaient originaires du
village de Béthisy, près Chelles. Les trois chétives maisons sous les n0’ 14, 16 et 18 de cette rue, sont bâties sur un terrain primitivement annexe de l’hôtel de Ponthieu, et qui faisait partie de ce qu’on appelle maintenant hôtel de Montbazon.
Ainsi, l’antique manoir des comtes de Ponthieu, au temps de sa splendeur et de la puissance de ses maîtres, occupait en bâtiments, cours et jardins , tout le terrain compris entre les rues de l’ArbreSec et Tirechape. Il devait s’étendre proportionnellement en profondeur ; c’est ce qui semble résulter sur le premier point de divers
actes officiels dont nous parlerons ci-après. De sorte que les deux maisons rivales sont là comme deux jalons qui marquent les anciennes limites du vieux domaine féodal, et appuient par leur situation l’exactitude de cet aperçu. Comme toutes les habitations princières du moyen âge, l’hôtel de Ponthieu était une agglomération de bâti-
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ments irréguliers, de vastes cours, de jardins avec de vertes pelouses, et remplis de bosquets, de treilles et de volières.
Pendant le long temps que le Ponthieu demeura sous la main étrangère, l’hôtel de ses comtes , désormais sans emploi , fut vendu.
Les noms de ses nouveaux possesseurs, qui n’étaient plus du sang royal, demeurèrent dans l’oubli. Les modifications qu’ils lui firent subir avec le temps, et sans doute le morcellement de ses enclaves,
s’opérèrent inaperçus pendant les intermittences des guerres civileset des mouvements populaires si fréquents aux XIVe et XVe siècles.
Alors disparut ce sombre logis. Puis, sur ce sol déblayé et plus circonscrit, on construisit, suivant les progrès de l’art de bâtir, un de ces hôtels somptueux où l’on rassemblait par des recherches de toute
espèce tout ce qui pouvait contribuer à l’agrément et aux douceurs d’une existence paisible et régulière. Malgré les difformes et disparates remaniements des bâtiments qui ont survécu à ces vieux temps,
on distingue encore le caractère architectural du siècle où ils furent bâtis, et l’œil devine la vaste étendue de leur plan primitif.
Nous devons, il y a déjà plus de douze ans, à l’obligeance de M. Baron , propriétaire de la maison rue des Fossés-Saint-Germain-l’Auxerrois, n° 14, d’avoir pu compulser les plus anciens titres de sa propriété. Il a bien voulu aussi remplir une espèce de questionnaire que nous lui avions adressé, dans l’intention de faire alors ce
mémoire que d’autres études nous ont fait ajourner. Ces titres, qui ne remontent pas plus haut que le règne de François Ier, jettent cependant un grand jour sur la question. Ils nous ont fait connaître quels
furent les propriétaires de cette maison historique pendant cent treize ans : de 1536 à 1649, c’est-à-dire trente-six ans avant le drame de la Saint- Barthélemy, et soixante et dix-sept ans après. Nous y avons lu
que suivant contrat passé le 22 octobre 1536 : « Devant Claude et Jehan Horeau , notaires du Boy, de par lui ordonnés et establis en son Chastelet de Paris, cette grande propriété fut vendue par noble
homme messire Jehan Prévost, conseiller du Roy en ses conseils, greffier royal de Tours, etc..., et par Gabrielle.... sa femme, à messire Antoine du Bourg, chevalier chancelier de France.... Elle
consistait alors en une grande maison contenant plusieurs corps d’hostels, cours et jardins.... en cette ville de Paris , rue de Béthisy et de l’Arbre-Sec ; ensemble un petit corps d’hostels où pendoit pour
enseigne le chasteau de Bretaigne. »
Après cette description puisée à une source officielle , il est évident que toutes ces dépendances de l’hôtel de Ponthieu davaient occuper
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toute la ligne de terrain comprise entre les rues de l’Arbre-Sec et Tirechape. L’un des corps d’hôtels spécifiés dans ce titre , était l’ancien fief ecclésiastique appelé le Roule, sur lequel on ouvrit, sous Louis XIV, la rue de ce nom, et qui, suivant Jaillot, se composait « de quelques maisons vieilles et caduques, connues sous le nom de maison et hôtel du Roule. »
Antoine du Bourg, qui avait été élevé par François 1erà la charge de chancelier, après la mort du cardinal du Prat, arrivée le 9 juillet 1535, n’eut guère le temps de développer ses talents ni d’établir son crédit. La mort vint le frapper au moment, peut-être, où il méditait de faire à l’hôtel de Ponthieu des améliorations dignes de sa haute magistrature. L’hôtel fut possédé, du moins en partie, pendant quatre-vingt-un ans, par la famille de « e chancelier, depuis 1536 jusqu’en 1617 ; nous reviendrons plus loin sur ces mutations ulté-
rieures et successives. Ce fut dans cet intervalle que commença par le meurtre de Coligny dans l’hôtel de Ponthieu , le drame sanglant de la Saint-Barthélemy, odieuses représailles de celui qui avait eu lieu
trois ans auparavant ; car le 24 août 1569 les calvinistes avaient massacré à Pau un grand nombre de gentilshommes catholiques qui résidaient dans cette ville, sous la foi des traités [3]. Mais avant de dérouler dans un récit rapide, offrant quelques détails sur les localités, les principales circonstances de ce triste événement, qui ne se lie à notre sujet que par un seul épisode, sur lequel repose toute la célébrité actuelle de cette vieille maison , faisons d’abord une remarque fort importante.
Dès le moment où , sans égard au changement de nom , déjà ancien, de la portion de la rue Béthisy entre celles de l’Arbre-Sec et du Roule, Voltaire avait dit dans une note du deuxième chant de la Henriade :
L’amiral était logé dans la rue de Béthisy (depuis 1702 rue des Fossés-Saint-Germain-l’Auxerrois ) dans une maison qui est à présent (1725) une auberge appelée l’hôtel de Saint-Pierre , où l’on voit encore
sa chambre, on s’est obstiné, et en dernier lieu M. Chéronnet comme les autres, à appeler l’hôtel de Ponthieu, que n’a jamais possédé l’amiral : hôtel de Coligny. La plèbe des topographes a fait plus : elle a , d’après la fausse indication de Voltaire , assigné pour séjour à l’amiral, la maison rue Béthisy, n° 20, maison qui n’est pas, quoi’
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qu’en dise M. Chéronnet, nommée à tort Yhôtel Montbazon , ainsi que nous rétablirons en son lieu. Saint-Foix, qui publia la première édition de ses Essais sur Paris , en 1742 , dit, tome Ier, page 54,
édition de 1787 : « Cest dans la deuxième maison à gauche en entrant par la rue de la Monnaie , où est à présent une messagerie , que l’amiral de Coligny fut assassiné. » Cette confusion de la rue de ťArbre-Sec avec celle de la Monnaie, faite par Saint-Foix et demeurée inaperçue, a été répétée sans discernement par tous les topographes de Paris, jusqu a nos jours. Ils auraient évité cette double erreur s’ils s’étaient d’abord livrés à quelques recherches sur la localité, et s’ils avaient considéré qu’au XVIe siècle, la cour de nos rois n’étant
peuplée que de leurs officiers, les grands seigneurs et les dames du plus haut rang vivaient dans leurs châteaux et retirés dans leurs terres, au milieu de leurs vassaux. Or, suivant cet usage, Coligny,
général d’armée et chef de parti , toujours en campagne ou dans les camps, n’avait ni hôtel ni résidence particulière à Paris. C’est ce qui résulte des termes de l’arrêt du parlement de Paris qui condamna sa
mémoire [4]. On sait d ailleurs qu’il n’était venu qu’accidentellement à Paris , quelques jours avant sa mort , pour satisfaire à l’invitation qui lui avait été faite par Charles IX et sa mère, d’assister aux noces de
Henri , prince de Béarn , avec Marguerite de Valois , sœur du roi. Il ne résidait donc pas, même à louage, dans l’hôtel de Ponthieu ; mais comme ami de la famille du Bourg , qui s’honorait de compter parmi
ses membres un martyr du parti calviniste dont Coligny était le chef [5].
Le savant et laborieux M. Weiss, de Besançon, dit dans sa notice sur l’amiral de Coligny, insérée au tome IX, page 240 de la Biographie universelle : « La nuit du 23 au 24 août, jour de Saint-Barthélémy, la porte de la maison de Coligny, rue Béthisy ( dans la portion qui fait aujourd’hui partie de la rue des Fossés-Saint-Germain-
VAuxerrois) est enfoncée.... » Cette assertion, conforme à l’opinion de M. Chéronnet, n’a rien que de parfaitement rationnel ; car en s’appuyant sur les termes mêmes du contrat de vente précité, il est évident
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que l’habitation principale et privée de l’hôtel de Ponthieu , était ce qui est désigné dans ce titre sous le nom de « Grande maison.... rae de Béthisy et de l’Arbre-Sec, » et que l’amiral hébergé à titre ďami par les du Bourg , dans leur intérieur, occupa véritablement dans les bâtiments de ce côté la chambre au deuxième étage sur la cour, qu’on montre aux visiteurs, dans la maison rue des Fossés , n° 14 ; et que ce fut d’une fenêtre de cette chambre , donnant sur l’arriôre-cour, à l’exposition du levant, que son cadavre fut précipité sur le sol [6]
. Ceci posé, passons maintenant aux détails de l’événement, dont quelques-uns viendront corroborer notre démonstration. Il n’y a point dans nos annales un lieu commun plus banal , un thème de déclamations plus vulgaire que le massacre de la Saint-Barthélemy ; surtout depuis l’apparition de la Henriade, en 1723,
poëme qui n’offre que de la rhétorique sur ce funèbre événement. S’il fallait passer en revue tout ce qu’en ont dit nos écrivains modernes , qui n’ont fait au reste qu’embrouiller la question , on pourrait
ne pas trouver trop paradoxal ce mot du philosophe Fontenelle : a L’histoire est un amas de fables convenues. » Il ne faut donc pas s’étonner si les historiens de Paris les plus récents , ont montré si peu
de souci pour la vérité historique , notamment au sujet de Coligny, de la maison où il fut tué ; et tant d’indifférence pour déterminer à quelle localité peut véritablement appartenir la célébrité disputée
qui se rattache à ce regrettable drame.
On varie sur les causes déterminantes de la Saint-Barthélemy ; on varie également sur le nombre des calvinistes qui périrent à Paris et dans les provinces. Ce n’est pas précisément la faute des contempo-
rains. Les mémoires abondent sur cette déplorable époque [7]
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Le massacre ne devait commencer qu’une heure avant le jour, aux premiers coups du tocsin de la cloche d’argent de l’horloge du palais ; cependant, dans la soirée Catherine croyant remarquer de l’irrésolu-
tion et des remords anticipés dans ce jeune et malheureux roi, qui était peu fait pour de pareils crimes, avança le moment fatal en indiquant pour signal le son des cloches de Saint-Germain-l’Auxerrois ,
pour matines à minuit. A peine étaient-elles en branle, que Henri de Guise , bien escorté , marche et [fait frapper aux portes du logis de l’amiral
[8]
. Une sentinelle crie : « Qui vive ? - Ouvre, de par le roi ! » lui répond-on. La Bonne, valet de chambre de Coligny, que la sentinelle avait été éveiller, obéit à une nouvelle injonction d’ouvrir, et tombe poignardé. Aussitôt trois colonels des gardes françaises, l’Italien Petrucci et le Bohême Dianowitz, que son origine a fait
nommer Besme, par les historiens du temps, montèrent à l’appartement de l’amiral qui venait de finir ses prières avec Merlin, souministre , pour se préparer à la mort. Les ducs de Guise et d’Aumale, et le bâtard d’Angoulême restèrent en bas avec leur escorte de trois cents soldats. La plupart des soldats du roi de Navarre , qui dormaient dans les cours de l’hôtel , passèrent à l’instant du sommeil à la mort ;
[9]
. Cependant quelques Suisses , couchés sur un lit de camp dressé près de là , se lèvent , poussent la porte intérieure de la maison et la referment soudain. Cosseins, bien qu’il en eût reçu la garde, la fait attaquer à coups d’arquebuse. Un des Suisses tombe roide mort , les autres allaient prendre la fuite, quand Cornaton , l’ami, le confident intime de Coligny, qui couchait dans une chambre voisine ,
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se lève, et sans prendre de vêtements fait rouler par les degrés du large escalier dont la base subsiste encore en partie , tous les meubles qu’il rencontre sous sa main , et dont les Suisses ramassent les débris pour en former un rempart , faible barrière que la brutale impétuosité de Gosseins a bientôt brisée. Une brèche de la largeur d’un homme, livre passage aux assiégeants, qui se ruent sur ces décombres mouvants, et, le poignard à la main, poursuivent les fuyards jusqu’aux premières marches de l’escalier. Au second étage était la chambre de l’amiral [10].
Le premier qui entra était Besme, suivi du Siennois Petrucci, de Cosseins, d’Attin etjde Sarlabouc. Besme, s’adressant à Coligny qu’il voyait debout en robe de chambre : « N’es-tu pas , dit-il, l’amiral ? - C’est moi-même, » répondit-il avec fermeté. Puis regardant l’épée dont Besmes lui présentait la pointe en l’agitant *.
« Jeune homme, dit-il, tu devrais respecter mes cheveux blancs I...
Mais, fais ce qu’on t’a commandé. Tu n’abrégeras ma vie que d’un petit nombre de jours. » Les assassins le percèrent aussitôt de plusieurs coups et le jetèrent par la fenêtre dans une des cours de l’hôtel. Guise essuya le sang qui couvrait le visage de Coligny, afin de mieux le reconnaître , et poussant du pied le cadavre , il se retira avec ses complices pour aller continuer le massacre. L’amiral avait cinquante-cinq ans et demi [11]
. Cependant lorsqu’il entendit les pre-
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mières détonations , Charles IX , qui n’avait pris aucune part â ces
crueHes dispositions , se troubla et révoqua son consentement. 11
euvoya un gentilhomme au duc de Guise , avec ce seul mot : « Mon
cousin, ne faictes rien à l’admirai. » Ce seul commandement faisait
cesser tout le reste , parce que « il avait esté aresté qu’en aucun lieu
de la ville il ne s’entreprendrait rien sans qu’au préalable l’admirai
n’eust été tué. » Mais il était trop tard, Coligny était mort, et on
commençait è massacrer dans tous les quartiers.
Sur ces entrefaites sonna le tocsin à l’horloge du palais. On criait
partout : « Aux armes ! » La populace accourut aussitôt dans la rue
Béthisy, au logis de l’amiral , dont les portes étaient restées ouvertes :
elle vit son cadavre étendu sur le pavé, et non loin de là ceux des
soldats morts pour le défendre. Alors un Italien de la suite du duc de
Nevers coupa la tête de Coligny, qui, suivant quelques historiens,
fut portée avec ses papiers aux Tuileries. Puis, lorsque après les plus
odieuses mutilations, d’autres furieux eurent fait de ce cadavre un
tronc informe , ils le traînèrent dans les rues pendant trois jours , et
enGn ils le pendirent , dit-on , par les pieds avec une chaîne de fer,
au gibet de Montfaucon , où il demeura jusqu’à ce que le maréchal de
France, François de Montmorency, son ami et son parent, l’ayant
fait enlever pendant la nuit, peu de temps après et porter dans sa
terre de Chantilly, l’y fitinhumer dans la chapelle du château
[12].
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Dans les premiers temps après la mort de Coligny, les calvinistes
français et étrangers visitaient comme en pèlerinage l’hôtel de Pon-
thieu, arrosé du sang de leur chef, et qui appartenait toujours aux
héritiers du chancelier Antoine du Bourg. Quelques dispositions in-
térieures , quelques meubles et quelques tentures avaient été con-
servés , et les dévots de la secte venaient de loin toucher ces reliques ,
malgré le voisinage de quelques chauds partisans de Henri de Guise et
de la maison de Lorraine
[13]
. Cependant les catholiques voyant Cathe-
rine de Médicis traiter avec les huguenots , et voulant conserver leurs
droits qu’ils croyaient perdus , instituèrent bientôt la Sainte-Ligue ,
espèce d’association municipale, populaire et religieuse, pour se dé-
fendre contre le mouvement armé de la réforme calviniste. Alors les
réformés , obligés de veiller sans cesse à leur sûreté, oublièrent aisé-
ment la maison où l’amiral périt pour leur cause. Néanmoins,
depuis ce moment jusqu’à nos jours , on y a montré traditionnellement
la chambre-de Coligny ; mais les lieux comme les temps ont bien
changé ! Il faut l’œil scrutateur de l’archéologue pour retrouver l’os-
sature des vieux bâtiments, et dans certaines parties de leurs divisions,
des vestiges de leur ancienne importance. Le fief du Roule a scindé
la propriété par sa disparition ; mais ses substructions ignorées
existent encore sous la rue qui le remplace.
Le 10 août 1617, quarante-cinq ans après cette funeste nuit de la
Saint-Barthélemy, Hercule de Rohan, duc de Montbazon, pair et
grand veneur de France, lieutenant général au commandement et
pays de Picardie et comte de Nantes, acheta de Jacques d’Estaing,
et de Catherine du Bourg, sa femme, l’hôtel de Ponthieu et ses
dépendances.
Aussitôt qu’il fut en possession des lieux, le duc de Montbazon, qui,
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suivant Tallemant des Réaux, était un homme fort simple, fit, sinon
construire an hôtel, du moins réparer et décorer les bâtiments qui
« existaient sur le terrain compris entre le fief du Roule et la rue
Tirechape. Il vint habiter cette maison. C’est la même qui, toute ca-
duque et délabrée qu’elle paraisse , retient encore comme seul reflet de
sa vieille illustration, le nom de ce gouverneur de Paris sous
Louis XIII. Cet hôtel de Montbazon , qu’aucun topographe n’a con-
fondu sous ce nom avec la maison de la rue des Fossés-Saint-Germain-
l’Auxerrois , n° 14 , se distinguait , dit Sauvai , par un luxe démesuré
(t. II, p. 124). En 1628, le duc, qui était veuf et septuagénaire,
épousa Marie de Bretagne, âgée de seize ans, fille de Claude de
Bretagne , comte de Vertus, et de Catherine Fouquet de La Varenne.
Leur hôtel devint à cette occasion le centre des fêtes, des plaisirs et
le rendez-vous de la bonne compagnie. Tallemant des Réaux assure
que la duchesse de Montbazon était une des plus belles personnes
qu’on pût voir et qu’elle fut un grand ornement à la cour. Hercule de
Montbazon était lié avec Denis Le Bouthillier , seigneur de Raneé,
président de la chambre des comptes et secrétaire de Marie de Médicis.
Armand Jean , son fils , qui devait être un jour le pieux abbé de Notre-
Dame de la Trappe et l’austère réformateur de son ordre, reçu et
caressé dans la maison du duc de Montbazon, fut élevé sous les
yeux de la jeune duchesse. Il résulta de ce rapprochement une
liaison. « Mais tant que son mari vécut, dit dom Gervaise, l’un des
biographes de l’abbé de Raneé , sa sagesse et sa vertu ne furent jamais
suspectes. »
Nous n’aurions point à nous occuper ici des erreurs de jeunesse
que Raneé a expiées pendant trente-six ans par la pénitence la plus
rigoureuse , sous la haire et le cilice , si nous n’avions à parler d’une
aventure fort controversée , qui suivant.quelques écrivains se serait
passée dans le vieil hôtel de la rue Béthisy.
On lit dans Saint-Évremont, écrivain à la mode, poëte et semi-
philosophe du règne de Louis XIV
[14]
, que l’abbé de Raneé , au re-
tour d’un voyage, s’empressant d’aller voir Mme de Montbazon, monta
chez elle par un escalier dérobé. Qu’étant entré dans l’appartement au
moment où des médecins s’occupaient d’embaumer le corps de la du-
chesse, qui venait de mourir de la rougeole, il aperçut sa tête dans
600 REVUE ARCHÉOLOGIQUE.
un plat : on l’avait séparée du corps , parce que le cercueil de plomb
qui devait renfermer ses restes était trop court. D’autres libellistes
prétendent plus rationnellement que cette décollation fut l’œuvre
d’une étude anatomique. Quoi qu’il en soit, ce spectacle aussi hideux
qu’inattendu, fit, dit-on, une telle impression sur ce malheureux
amant, que frappé d’un retour subit vers Dieu, il partit aussitôt
s’enfermer dans l’abbaye de la Trappe. Le chevalier Bertin prétend
qu’on montrait dans ce monastère la tète de Mme de Montbazon ap-
portée par l’abbé de Raneé et conservée dans la chambre de ses suc-
cesseurs
[15]
. Bertin a l’avantage sur les autres conteurs d’être un peu
plus absurde.
Cette histoire de Mme de Montbazon est niée par certains biographes
de Raneé et par les trappistes. Le duc de Saint-Simon, qui affirme
l’avoir demandé franchement à Raneé lui-même, dit qu’il n’y a rien
de vrai en tout cela , mais seulement des choses qui ont donné cours
à cette fictiqp
[16]
.
Dans l’intervalle de 1632 à 1643 , Hercule de Montbazon vendit
cet hôtel et tout ce qui en dépendait, jusques et compris l’hôtel de
Ponthieu, à Gabriel de Cottignon, écuyer, sieur de Chauvry, conseiller,
notaire et secrétaire du roi , maison et couronne de France ; conseiller
du roi en ses conseils, et secrétaire de la feue reine Marie de Médicis. 11
nous a été impossible de suivre la trace des mutations ou des démem-
brements que subit cette grande propriété au fur et à mesure des
améliorations dues au progrès social qui suivit la fin des guerres
civiles , et qui s’effectuèrent particulièrement dans ce quartier opulent ;
mais il est certain qu’en 1650, au plus tard, la principale habitation,
appelée ordinairement hôtel de Ponthieu , était devenue une auberge,
ayant pour enseigne : hôtel de Lisieux.
Après le décès de M. de Cottignon, arrivé en 1665, ses héritiers
procédèrent au partage de ses biens, mais il n’est point question dans
l’acte de partage de l’hôtel de Montbazon , qu’il avait probablement
vendu longtemps avant sa mort. Sauvai vient encore ici fortifier notre
conjecture en faisant remarquer qu’au moment où il écrivait (1670),
cet hôtel était passé d’un luxe démesuré à un tel excès de modestie ,
que ce n’était plus qu’une auberge et une maison garnie , que néan-
moins on voyait toujours au-dessus de la porte cette inscription en
NOTICE SUR L’ANCIEN HÔTEL DE PONTHIEU. 601
lettres d’or sur du marbre : Hôtel de Montbazon. Déjà le noble frontis-
pice était devenu une humble enseigne. Depuis cette époque cette
maison a été encore amoindrie , d’un côté , par le retranchement que
lui a fait subir le percement de la rue du Roule en 1691, et dont la
solution de continuité est encore visible au-dessus de la masure qu’on
lui a adossée , portant le n° 2 , sur cette rue ; de l’autre par la vente des
terrains occupés aujourd’hui par les maisons n051 4 , 16 et 18 de la rue
Béthisy. De sorte que la splendide demeure du duc de Rohan-Mont-
bazon , jadis fréquentée par le duc de Beaufort, Mm" de Chevreuse et
tous les personnages de la Fronde , amis du maître du logis , actuelle-
ment petite, laide et mesquine , était devenue insuffisante à M. Picque,
riche négociant, qui l’a quittée pour ce motif en 1841.
Par acte passé devant Lorret, notaire à Paris , le 1 3 janvier 1666,
ce qui restait de l’ancien pourpris de l’hôtel de Ponthieu, fut divisé
en quatre maisons. Celle dénommée hôtel de Lisieax, fut vendue par
licitation au Ghâtelet de Paris , entre Pierre de La Porte, conseiller,
maître d’hôtel et premier valet de chambre du roi ; Françoise de Cotti-
gnon , son épouse , et les cohéritiers de la dame de La Porte , en
la succession du sieur Gottignon, son père, et fut adjugée auxdits
époux de La Porte. Par suite du partage entre les héritiers du sieur
de Cottignon , une autre des quatre maisons échut pareillement aux
époux de La Porte. Nous ignorons en quelles mains passèrent les
deux autres. Gabriel de La Porte, leur fils, devint propriétaire après
leur décès , et lui-même étant venu à mourir, la propriété de l’hôtel
•de Lisieux passa à Gabriel -Jean de Pleurre, seigneur de Romilly,
maître des requêtes, et à Geneviève-Françoise de Pleurre, ses petits-
enfants ; cette dernière depuis épouse de Denis-François, marquis
de Mauroy.
Telles sont les mutations successives qu’avaient déjà subies l’antique
manoir des comtes de Ponthieu , lorsqu’à la fin de la première moitié
du XVIIIe siècle, l’abbé Pérau, ou son continuateur, parlèrent en
ces termes de la vieille maison historique de la rue des Fossés-Saint-
Germain-l’Auxerrois , dans les Vies des hommes illustres de France ,
t. XV, p. 55 , note a : « La maison de l’amiral et ses dépendances
appartiennent aujourd’hui (1747) à M. de Pleurre de Romilly,
maître des requêtes. Cet hôtel ne forme maintenant qu’une auberge
assez considérable qu’on appelle l’hôtel de Lisieux. II n’y a presque
rien de changé dans l’extérieur, ni même dans l’intérieur du prin-
cipal corps de logis. La grandeur et la hauteur des pièces annoncent
partout que ça été autrefois la demeure d’un grand seigneur . J’ai vu
602 REVUE ARCHÉOLOGIQUE.
l’appartement de Coligny, et celui où logeait le fidèle Cornaton,
l’un de ses gentilshommes favoris. La chambre où couchait l’amiral
est occupée aujourd’hui (mars 1747) par le célèbre M. Vanloo, de
l’Académie royale de peinture. »
Cette chambre de Coligny rappelle des souvenirs bien différents de
ceux que nous a laissés sa mort tragique. Dans cette même chambre
naquit la célèbre comédienne Sophie Arnould, le 14 février 1744.
C’est ce qui résulte d’une lettre que Sophie écrivait en 1776, où elle
exprime la pensée qu’elle déclara avoir toujours eue , que cette circon-
stance singulière avait été pour elle le pronostic de sa renommée.
C’est peut-être cette faconde de Sophie Arnould qui a inspiré Charles
Nodier, lorsqu’il dit au sujet de cette moderne célébrité du vieil
hôtel de Ponthieu : « Il n’y a pas si loin qu’on le pense du théâtre d’un
grand crime aa boudoir voluptueux d’une courtisane ; il n’y a que
des années
[17]
. » Ce ne fut cependant que six ans après la naissance
de Sophie Arnould, que bail fut fait par M. de Mauroy, à Jean
Arnould, hôtelier, et à Rose Marguerite Laurent, sa femme, devant
Perret et son confrère , notaires à Paris, le 22 septembre 1752 , d’une
des trois maisons composant alors l’hôtel de Ponthieu. Le bailleur est
qualifié dans cet acte : « Haut et puissant seigneur Denis-Jean,
chevalier marquis de Mauroy, sous-lieutenant des gendarmes de mon-
seigneur le comte d’Artois. » Plusieurs topographes contemporains
appellent l’hôtel de Ponlhieu, puis de Lisieux, Hôtel de Saint -
Pierue ; mais il résulte du bail précité que ce dernier nom ne s’ap-
pliquait qu’à la portion louée à Jean Arnould.
Il y a une autorité qu’on ne peut révoquer en doute , c’est celle
du bon sens : or, d’après tous ces minutieux détails , il demeure
clairement démontré qu’on ne peut indiquer la maison dite hôlel de
Montbazon, rue Béthisy, n° 20, comme étant celle où le meurtre
de Coligny et la mort de la duchesse de Montbazon ont eu lieu [18].
Cependant, pour appuyer la première de ces prétentions, les habitants
de cette vieille maison montraient naguère aux étrangers qui venaient
la visiter, deux vestiges de l’ancienne décoration intérieure d’un
appartement principal, dont l’un, suivant eux, offrait le chiffre de
NOTICE SUR L’ANCIEN HÔTEL DE PONTHIEU. 603
l’amiral, et l’autre le blason de ses armes. Àmi de M. Picque,
nous avons obtenu de lui, lorsqu’il occupait les lieux, la facilité de
faire dessiner avec soin ces curieux restes que nous reproduisons
ici. L’un est la représentation d’une peinture murale à l’huile,
imitant un lambris menuisé, divisé en deux panneaux dont les
champs sont ornés de cartouches. Celui du haut (voy. pl. 175 ,
fig. 1), sommé d’une couronne ducale, offre au centre la lettre H,
chargée de deux G croisés ; le tout formant le monogramme
d’Hercule, prénom du duc Rohan de Montbazon. Cette peinture,
maintenant recouverte d’un bâtis d’armoire, règne sur le mur ou
trumeau entre deux croisées d’une pièce au premier étage sur la
première cour.
L’autre objet, longtemps présenté comme étant l’armoirie de
Coligny , à ceux qui ne savent pas que cet amiral portait dans son
écusson un aigle d’argent couronné, becqué et membré d’or sur
champ de gueules (voy. pl. 175, fig. 3), consiste en une grande plaque
de cheminée en fonte de fer, ornée du blason en demi-relief des armes
de Charles d’Albert, duc de Luynes (voy. pl. 175, fig. 2), pair et
grand fauconnier de France, chevalier du Saint-Esprit, gouver-
neur de Picardie et connétable de France, qui avait épousé, en 1617,
la belle et spirituelle Marie de Rohan , fille du premier lit de Her-
cule de Montbazon, laquelle se remaria, en 1621, à Claude de Lor-
raine, duc de Chevreuse, et devint si fameuse sous ce dernier nom
dans les guerres de la Fronde, où son caractère porté à l’intrigue se
développa de manière à lui attirer successivement la haine de
Louis XIII et du cardinal de Richelieu. Cet hôtel de Montbazon,
dont le temps et l’inconstance humaine ont balayé les splendeurs, est
aujourd’hui une habitation informe, sans physionomie, et recrépie
sur toutes ses fissures. Double en profondeur, il occupe eucore
un vaste emplacement. Un large escalier à balustres en bois, dont
les marches inégales ont perdu leur niveau par un tassement du
terrain, est à peu près le seul vestige qui peut rappeler le séjour
d’ »n gouverneur de Paris sous Louis XIII.
Revenant à l’ancien hôtel de Lisieux nous ferons remarquer que
toutes les parties d’anciennes constructions sont bâties en pierre
de taille soigneusement appareillées ; mais les meneaux ou barreaux
de pierre, qui divisaient les fenêtres en compartiments, et les moulures
ou doucines des pieds-droits et des soubassements ont disparu. Le
balcon sur l’arrière-cour n’existe plus, et ceux que l’on voit aux
croisées de la façade sur la grande cour, sont de l’époque de
604 REVUE ARCHÉOLOGIQUE.
Louis XV. Le bâtiment du fond repose sur de vastes caves. Le rez-
de-chaussée se composait d’une salle propre à servir de réunion à
un grand nombre de personnes en différentes occasions de fêtes ou
de banquets. Cette salle, débouchant sur le grand escalier par une
porte à deux vantaux d’une menuiserie sculptée , du commencement
du XVIIe siècle, a dû servir instantanément de salle des gardes à
l’amiral de Goligny. Le premier étage des caves , voûté en arêtes et
éclairé par des lucarnes encadrées de plates-bandes, servait autrefois
pour l’office et les cuisines. Au-dessous régnent des caves voûtées
en plein cintre. Le bâtiment à droite s’élève sur trois arcs de cloître
en anse de panier, dont les clavaux en relief sont lisses. Chaque
arcade formant une pièce séparée était employée aux divers ser-
vices de l’hôtel. Une lucarne à fronton triangulaire, du commen-
cement du XVIIe siècle, couronne ce bâtiment à sa jonction avec le
corps de logis du centre, et complique par sa structure l’anomalie de
tous les remaniements hétérogènes que le vieil hôtel à subis à chaque
mutation de propriétaire.
On aurait peine à comprendre le silence des historiens des deux
derniers siècles sur cette maison , dont l’illustration ne peut être mise
en doute, si on ne savait combien ils se montrent avares de descrip-
tions ou de recherches lorsqu’il s’agit de monuments privés ou peu ac-
cessibles au public, et qui par leur nature sont étrangers à l’ornement
de la ville. L’hôtel de Ponthieu et l’hôtel de Montbazon, son compé-
titeur , n’ont plus rien dans leur extérieur qui annonce la demeure
somptueuse des personnages les plus éminents du royaume. Quand,
sur la foi de livres remplis d’erreurs, quelques voyageurs franchissent
le seuil de ces deux vieilles maisons, sur lesquelles plane une certaine
renommée , ils demandent, en prononçant le nom de Coligny, ces
précieux restes contemporains qui pourraient guider leur incertitude :
on ne leur montre que des débris d’une appréciation difficile et
on n’offre à leur curiosité que des récits confus , ou des traditions in-
certaines. Nous avons essayé, à force de recherches et de mûres ré-
flexions , de faire surgir la vérité , et nous croyons avoir invinciblement
indiqué le véritable lieu où mourut l’amiral Gaspard de Coligny, rue
des Fossés-Saint-Germain-l’Auxerrois, n° 14. Il ya assurément dans
le domaine historique des faits qui ne reposent pas sur une base plus
solide et qui n’en sont pas moins admis comme incontestables.
Troche.
PL. 175.
DÉTAILS DE L’HOTEL DE MONTBAZON.

