Carte particulière des environs de Paris, Académie des sciences

Colbert ordonne en 1663 un inventaire des ressources du royaume. Il crée l’Académie des sciences en 1666 pour remédier à l’imprécision des cartes disponibles (qui ne sont le plus souvent que des assemblages disparates) et profiter des nouvelles méthodes cartographiques hollandaises et anglaises fondées sur la triangulation. La région parisienne sera le terrain privilégié des premiers essais français, et la Carte particulière des environs de Paris la première application réalisée à partir d’une triangulation en France. Sous la direction de deux académiciens, Gilles Personne de Roberval et Jean-Félix Picard (dit l’abbé Picard), l’ingénieur David du Vivier dirige les levés. La carte est gravée sur cuivre de 1671 à 1678 par François de La Pointe, à l’échelle graphique de lieues de 2 000 toises, et s’étend de Mantes à la Ferté-sous-Jouarre et de Pont-Sainte-Maxence à Milly. Elle est ornée de cartouches : en haut à gauche, les armes de France pour le titre ; en bas à gauche, les armes de Colbert pour la légende ; en haut à droite, la nef de Paris pour donner les échelles ; en bas à droite, des instruments d’arpentage. La carte ne figurre pas de réseau routier (dont les grandes transformations seront engagées à partir du XVIIIe siècle) et ne comporte pas de limites administratives. Le relief est esquissé, les rivières et leurs vallées sont bien présentes ainsi que les bois et les forêts. L’Observatoire de Paris, situé sur le tracé du méridien et dont la construction commence en 1667 et s’achève en 1672, est figuré sur la carte. La carte conserve les représentations des villes, bourgs et villages qui sont celles du XVIe siècle, à l’exception des résidences royales telles que Versailles et Le Vésinet. Du Viviver poursuivra ses levés jusqu’en 1695. Cette première mesure marque le début de la géodésie française.











