Bataillon d’Infanterie Légère d’Afrique

1er Bataillon d’infanterie légère d’Afrique

Créé par ordonnance du 3 juin 1832, stationné à Tixeraine, puis à El Kreider (Oran) en 19005 puis à Marnia (Algérie) en 19146. En février 1840, le bataillon participe au siège de Mazagran. Le 24 juillet 1843, le bataillon subit l’attaque du camp de l’Oued el Hammam par Abdelkader ibn Muhieddine, avec ses 600 cavalier Cavalerie française s et 200 hommes d’infanterie, tombe sur un détachement de 250 hommes de diverses armes (6e léger, 1er bataillon d’infanterie légère d’Afrique et sapeurs conducteurs), campés sur l’Oued el Hammam, derrière une enceinte en pierres sèches. L’attaque commence dès l’aube du jour. Les assaillants arrivent plusieurs fois jusqu’à toucher la frêle muraille ; mais toujours ils sont repoussés en laissant plusieurs des leurs au pied du retranchement. Après vingt minutes de combat, le chef de bataillon Leblond, du 6e léger, qui a communiqué à tout le monde sa résolution, tombe percé d’une balle. Alors, MM. Faure, lieutenant de sapeurs conducteurs, Dubos, lieutenant au 6e léger, et Boeteau, sous-lieutenant Sous-lieutenant
Le grade militaire de sous-lieutenant est le premier des grades d’officiers dans nombre d’armées.
au 1er bataillon d’Afrique 1er Bat' d'Af'
Les Bataillons d’Infanterie Légère d’Afrique (BILA), plus connus sous leurs surnoms de Bat’ d’Af’ et de "bataillons de chasseurs légers" , étaient des unités relevant de l’Armée d’Afrique, composante de l’armée de terre française.
, deviennent l’âme de la défense. Ils parcourent sans cesse les rangs pour animer leurs jeunes soldats presque tous arrivés récemment de France. Après une heure de combat, l’ennemi se retire avec des pertes beaucoup plus considérables que celle des troupes françaises, qui ne sont que de deux hommes tués et dix blessés7. Au 1er janvier 1849, le 1er BILA, sous le commandement du chef de bataillon Adam, est en garnison à Mascara en Algérie. Il appartient au 19e corps d’armée 9e C.A.
Le 9e corps d’armée est une grande unité militaire française, qui a existé à plusieurs époques différentes.cFait partie de 2e armée en 1914
4e armée en 1918
- division d’Oran.

Le 28 novembre 1870, durant la guerre franco-allemande, a lieu la bataille de Beaune-la-Rolande ou sont engagés 2 compagnie Compagnie
La compagnie est une unité militaire qui, de nos jours, représente un groupe de cent à deux cent cinquante soldats.
s du 1er BILA qui composent le régiment de marche d’infanterie légère d’Afrique. Durant la guerre de 1914-1918, le 1er BILA reste stationné en Afrique du Nord, mais contribue à la constitution des 1er, 2e et 3e BMILA appelés à combattre en Belgique et en métropole. Stationné à Tataouine, en Tunisie après 1932, à Tataouine et Gabès en 1939, il disparaît en 1940, pour apparaître de nouveau en septembre 1948.

S’ajoutant au 1er BILA, bataillon d’active, douze bataillons de réserve furent formés entre septembre et octobre 1939 : 11e, 12e, 15e, 16e, 18e, 19e, 20e, 21e, 23e, 24e, 25e, 28e BIL ou BILA.

2e Bataillon d’infanterie légère d’Afrique

Créé par ordonnance du 3 juin 1832 à Birkhadem, stationné à Bougie, puis à Laghouat (Alger) en 19005. Au 1er janvier 1849, le 2e BILA, sous le commandement du chef de bataillon Etienney, est en garnison à Miliana en Algérie.

Le 28 novembre 1870, durant la guerre franco-allemande, a lieu la bataille de Beaune-la-Rolande ou sont engagés 2 compagnies Compagnie
La compagnie est une unité militaire qui, de nos jours, représente un groupe de cent à deux cent cinquante soldats.
du 2e BILA qui composaient le régiment de marche d’infanterie légère d’Afrique.

En opération au Maroc, avec dépôt Dépôt divisionnaire à Mcheyda et El Hadjeb en 19146. Durant la guerre de 1914-1918, le 2e BILA reste stationné en Afrique du Nord, mais contribue à la constitution des 1er, 2e et 3e BMILA appelés à combattre en Belgique et en métropole. Il est dissous en 1927, après la fin de la guerre du Rif.

En 1939, il est reconstitué sous forme embryonnaire (une seule compagnie) en Corse.

3e Bataillon d’infanterie légère d’Afrique

Le 3e bataillon d’infanterie légère d’Afrique est créé le 20 juin 1833 à Alger, puis stationne à Bône. Il participe aux opérations de la Tafna, puis au second siège de Constantine (1837). Le bataillon part pour la Corse afin de préparer la vente de cette dernière à l’Espagne, mais la transaction n’aboutit pas[réf. nécessaire].

En 1841, le bataillon, revenu en Algérie, est placé le 10 septembre sous les ordre du chef de bataillon Anne Joseph Théodore Peyssard, officier d’infanterie qui s’est déjà largement distingué sous les ordres du général Camille Alphonse Trézel durant l’expédition de Bougie. Au 1er janvier 1849, le 3e BILA, sous le commandement du chef de bataillon Lenoir, est en garnison à Philippeville en Algérie. Il est engagé dans la bataille de Zaatcha, le 26 novembre 18498, puis participe à celle de Laghouat, le 4 décembre 1852.

En 1860, il fait partie de l’expédition en Chine durant la seconde guerre de l’opium et l’un de ses détachements participe ensuite à la campagne du Japon (juillet-août 1863) ; ceci explique le choix du motif de l’insigne du 3e BILA en 1953, un temple japonais inscrit dans un cornet.

Il ne participe pas à la guerre de Crimée en tant que corps constitué, mais des volontaires provenant des trois bataillons d’infanterie légère d’Afrique participent à l’assaut contre Sébastopol.

Il en est de même pendant la guerre franco-allemande de 1870 où les chasseurs des bataillons d’Afrique forment un régiment de marche. Le 28 novembre 1870, a lieu la bataille de Beaune-la-Rolande ou furent engagés 2 compagnies du 3e BILA qui composaient le régiment de marche d’infanterie légère d’Afrique.

Il fait ensuite partie de l’expédition de Formose en 1885 puis il passe au Tonkin jusqu’en 1889 où il combat, notamment, à Bac Le, Lang Son, Kao Niat (Cao Nhiat), Ha Hoa et Dong Sun.

En 1900, il tient garnison à Le Kef (Tunisie)5 puis il est envoyé en opérations au Maroc jusqu’en 1914 ; son dépôt est alors au Camp-Servière à Casablanca (1914)6.

Durant la guerre de 1914-1918, le 3e BILA reste stationné en Afrique du Nord, mais contribue à la constitution des 1er, 2e et 3e BMILA appelés à combattre en Belgique et en métropole.

4e Bataillon d’infanterie légère d’Afrique

Créé en mai 1888, il stationne à Gabès (Tunisie) en 19005 et 19146, dans la Division d’occupation de Tunisie à Tunis.

Durant la guerre de 1914-1918, le 4e BILA reste stationné en Afrique du Nord (en garnison à Oujda et Médenine en 1917) mais contribue notamment, par l’apport de deux compagnies, à la création du 3e BMILA appelé à combattre en Belgique et en métropole.

Il est dissous en 1927, après la guerre du Rif.

5e Bataillon d’infanterie légère d’Afrique

Créé en mai 1888, il stationne à Batna, en Algérie (département de Constantine), en 1895, 19005.

À Gabès. en 1905 et 19146, dans la division d’occupation de Tunisie à Tunis.

Durant la guerre de 1914-1918, le 5e BILA stationne en Afrique du Nord, mais contribue notamment, par l’apport de deux compagnies, à la création en octobre 1914 du 3e BMILA appelé à combattre en Belgique et en métropole.

En février 1919, le dépôt du bataillon se trouvait à Gabès.

Il est en opération dans le sud Tunisien, à Dehiba à la front Front
Un front militaire est une frontière, contestée entre deux forces combattantes. Un front peut être local et tactique ou peut s’étendre sur un large théâtre d’opérations comme le front de l’Est durant la Seconde Guerre mondiale.
ière entre la Tunisie et la Libye (Tripolitaine), sous les ordres du chef de bataillon Thury-Guenin ; ce poste est à quatre jours de marche de Tataouine via les postes de Tamlet, Fatmassia et Oum-Souigh.

La 4e compagnie est commandée par le lieutenant Beigbeder et détachée au Fort Peltier.

Début août 1919, évacuation du fort de Dehiba.

Il est dissous en 1925.

1er, 2e et 3e Bataillons de marche d’infanterie légère d’Afrique (BMILA) 1914-1919

Le ministre de la Guerre ordonne en octobre 1914 la formation de trois bataillons de marche, numérotés de 1 à 3, avec des éléments sélectionnés prélevés sur l’ensemble des 5 BILA pour être envoyés en métropole20. Ces trois bataillons de marche d’infanterie légère d’Afrique (BMILA) s’illustrent en Belgique et en France tout au long de la guerre de 1914-1918 :

Le 3e BMILA, constitué de deux compagnies du 4e BILA et de deux compagnies du 5e BILA, se distingue particulièrement dès son arrivée en métropole : il débarque à Dunkerque le 3 novembre 1914 et engage en Belgique dès le 5. Les très rudes combats des 9, 10 et 11 novembre 1914 vaut au 3e BMILA une citation à l’ordre de l’Armée à peine plus d’une semaine après son arrivée en Métropole ! Suivi, le 4 décembre 1914, la prise à la baïonnette du poste stratégique de la « Maison du Passeur » tenu par les Allemands, prolongée de combats acharnés les 5 et 6 décembre au cours desquels le chef de bataillon Dutertre lui-même trouve la mort. Cet épisode de la « Maison du Passeur » est rendu légendaire par la propagande20 et est porté sur le drapeau que reçoivent en 1950 les bataillons d’Afrique21,22.

En janvier 1918, les 1er, 2e et 3e BMILA sont regroupés pour constituer le Groupe des bataillons d’Afrique rattaché à la 45e division d’infanterie23.

Le 3e BMILA obtient in fine six citations à l’ordre de l’Armée et la fourragère rouge de la Légion d’honneur. Le 2e BMILA obtient quant à lui la fourragère aux couleurs de la croix de guerre. Le 1er BMILA la fourragère aux couleurs de la Médaille militaire et sera également autorisé à porter la fourragère rouge de la Légion d’honneur en 193122.

Le 1er août 1919, le 1er BMILA, de retour en Afrique du Nord, est dissous et fusionne avec le 3e BILA. Le 1er septembre 1919, le 3e BMILA est dissous à son tour et ses éléments passent aux 3e et 4e BILA20.

Groupe Spécial

À la mobilisation française de 1914, chaque corps d’armée soulève un Groupe Spécial (le numéro est celui du CA). Dans ces groupes est reversés les condamnés réservistes - ceux de l’armée active étant affectés aux BILA. Le général Lyautey considère que les 3 000 hommes des groupes spéciaux ne peuvent guère être employés qu’à des travaux24.

Le 2e Groupe Spécial, encadré par des officiers venant du 45e régiment d’infanterie, les 3e et 10e GS est en Algérie.
Le 14e Groupe Spécial encadré par des officiers venant du 75e régiment d’infanterie, et le 17e est au Maroc.
Groupes Spéciaux cantonnés au Maroc25 :
4 GS au 01/10/14.
6 GS au 01/01/16.
8 GS au 01/12/17.
Les 4e et 15e en Tunisie.
Été 1915, dans le sud tunisien 2 G.S. le 4e et le 15e qui seront renforcés en septembre par le 9e et le 20e G.S. et le 5e BILA ont pour mission de tenir les points d’eau en particulier sur l’axe nord-sud Médenine-Dehiba soit près de 200 km.

En septembre 1915, le Djihad est lancée par des tribus infiltrées par des Ottomans et des Allemands. Après avoir massacré plusieurs garnisons italiennes, les rebelles se jettent sur les forts français du sud saharien tunisien. Les combats dans cette région continuent pendant quasiment tout le conflit et de nombreux Français y laissent leur vie.

En octobre 1915, Le 15e GS est chargé de la défense du poste de Bir-Oum-Souigh son effectif est de l’ordre de 400 hommes. Oumh Souigh est attaqué le 2 octobre 1915 par les troupes de Ben Asker, à la tête de 3 000 hommes. Le siège dure 8 jours, la moitié des effectifs du poste sont tuée26, dont le capitaine de Bermond de Vaulx du 4e régiment de zouaves, détaché au 15e GS pour en assurer le commandement. Le poste est délivré par une colonne de secours aux ordres du commandant Lambert27,28.

En avril 1918, les 2e et 6e Groupes Spéciaux sont commandés par le chef de bataillon Fontaine à Boudnib (Maroc). En novembre 1918, le commandant du 14e Groupe Spécial est le chef de bataillon Chiappini. Il est établi à Bouanane (Maroc).

Infanterie française armée d'Afrique et troupes coloniales 1915 1918